Par F4JRR Opérateur Fernand.
Introduction
Les amplificateurs à transistors jouent un rôle clé en radiocommunication, en permettant d’augmenter la puissance du signal émis pour améliorer la portée et la fiabilité des transmissions. Leur utilisation varie selon les contextes, notamment en radioamateurisme et en CB (Citizen Band), où la réglementation et les contraintes techniques diffèrent. Cet article aborde leur fonctionnement, les technologies utilisées, les performances attendues, ainsi que les enjeux liés aux interférences et au respect des normes.

1. Contexte et Réglementation
1.1 Radioamateurs : Une Utilisation Réglementée
En France, les radioamateurs titulaires d’une licence peuvent utiliser des amplificateurs sous réserve de respecter les puissances maximales autorisées par l’ARCEP. Ces puissances varient selon les bandes de fréquences, mais peuvent atteindre plusieurs centaines de watts sur certaines gammes HF.
La conception et l’utilisation d’amplificateurs sont encadrées pour limiter les interférences avec d’autres services radio.
L’homologation et la compatibilité électromagnétique (CEM) sont essentielles pour éviter les émissions parasites et respecter la pureté spectrale.
Un mauvais réglage ou un amplificateur de mauvaise qualité peut générer des harmoniques et de l’intermodulation, perturbant d’autres utilisateurs du spectre.
1.2 Cibistes : Une Interdiction en France
Contrairement aux radioamateurs, les cibistes (utilisateurs du 27 MHz) ne sont pas autorisés à utiliser des amplificateurs en France. La réglementation impose une puissance maximale de 4W en AM/FM et 12W en BLU.
L’usage d’amplificateurs en CB entraîne des risques de brouillage TV, radio et téléphonie.
Les contrôles de l’ANFR peuvent entraîner des sanctions sévères en cas d’infraction.
Cependant, dans certains pays, une tolérance ou une réglementation spécifique existe pour l’usage de ces équipements en 27 MHz.
2. Historique et Évolution des Amplificateurs à Transistors
2.1 L’Invention du Transistor et Son Application en RF
Le transistor a été inventé en 1947 par les chercheurs des Bell Labs (John Bardeen, William Shockley et Walter Brattain). Cependant, son application aux amplificateurs RF a nécessité plusieurs décennies de développement.
Les premiers amplificateurs RF à transistors dans les années 1960-70 utilisaient des transistors bipolaires (BJT).
Dans les années 1980-90, les MOSFET ont apporté un meilleur rendement et une plus grande robustesse.
Aujourd’hui, les transistors LDMOS (Laterally Diffused MOS) dominent le marché des amplificateurs de puissance HF et VHF/UHF.

2.2 Avancées Technologiques et Performances
L’amélioration des transistors a permis une montée en puissance et en efficacité des amplificateurs :
– Bipolaires (BJT) : utilisés historiquement, mais moins efficaces.
– MOSFET : faible tension de commande, meilleur rendement, mais sensibles aux surtensions.
– LDMOS : plus robustes, rendement supérieur, utilisés dans les amplis haute puissance.
3. Fonctionnement et Performances des Amplificateurs à Transistors
3.1 Principe de Fonctionnement
Un amplificateur RF à transistors fonctionne en amplifiant le signal d’entrée sans altérer sa modulation. La linéarité est un critère clé pour éviter la distorsion et la génération d’harmoniques.
Les classes d’amplification :
– Classe A : linéaire, mais faible rendement.
– Classe AB : bon compromis entre linéarité et efficacité.
– Classe C : efficace, mais réservé aux signaux non modulés en amplitude.

Étage de puissance : Plusieurs transistors peuvent être montés en parallèle ou en push-pull pour augmenter la puissance tout en limitant la distorsion.
Rôle des filtres : Un filtre passe-bas est souvent ajouté en sortie pour réduire les émissions parasites.
3.2 Plages de Fréquences et Modes de Fonctionnement

Les amplificateurs sont conçus pour différentes gammes de fréquences, chacune ayant ses contraintes techniques.
Les amplificateurs doivent être adaptés à la bande d’utilisation, sous peine d’un rendement faible ou d’une distorsion importante.
4. Problématiques de Qualité du Signal et Risques de Brouillage
4.1 Dégradation du Signal et Distorsion
Un amplificateur mal conçu ou mal réglé peut générer :
De l’intermodulation (IMD), qui pollue le spectre radio.
Des harmoniques, qui interfèrent avec d’autres bandes de fréquences.
Une saturation, qui peut entraîner un écrêtage et une dégradation du signal audio.
4.2 Précautions et Solutions
Utilisation de filtres passe-bas pour limiter les émissions parasites.
Réglage du bias et du point de fonctionnement pour éviter l’écrêtage.
Mesure avec un analyseur de spectre pour s’assurer de la propreté du signal.
6. Points clés à retenir :
Les amplificateurs RF à transistors ont révolutionné la radiocommunication en offrant des solutions compactes et performantes. Toutefois, leur usage doit être maîtrisé pour éviter les problèmes d’interférences et garantir une émission propre.
– Le choix du transistor et la conception de l’amplificateur sont cruciaux pour garantir un signal propre et efficace.
– L’antenne doit impérativement être adaptée à la puissance de l’amplificateur pour éviter les pertes et les risques de détérioration du matériel.
– Une installation soignée et une utilisation responsable des amplificateurs sont donc essentielles pour préserver la qualité des communications radio et éviter les nuisances.
Et quand n’est-il des amplificateurs à lampes. . . .
Les Amplificateurs RF à Lampes.
Introduction
Les amplificateurs à lampes ont longtemps été la référence en amplification de puissance pour les radiocommunications, notamment en HF. Malgré l’émergence des transistors et des MOSFET, ces amplificateurs restent prisés pour leurs performances en linéarité, leur robustesse et leur capacité à encaisser de fortes puissances. Cependant, leur utilisation requiert une conception soignée pour éviter le brouillage et les interférences, notamment en raison des harmoniques générées. Cet article explore leur principe de fonctionnement, les types de lampes utilisées, les plages de fréquences compatibles et leur impact sur la qualité du signal.

1. Historique et Invention des Amplificateurs à Lampes
L’amplification à lampes est née avec l’invention de la triode à vide par Lee De Forest en 1906. Ce composant a révolutionné la radio, permettant l’amplification des signaux électriques et le développement des premiers émetteurs et récepteurs.
Dans les années 1920-1930, l’usage des tétrodes et pentodes a amélioré le gain et la puissance de sortie. Durant la Seconde Guerre mondiale, les amplis à lampes sont devenus indispensables aux transmissions militaires de haute puissance. Par la suite, dans les années 1950-1970, les radioamateurs et les cibistes ont largement adopté ces amplificateurs pour compenser la faible puissance des émetteurs.
Anecdote marquante : l’amplificateur Collins 30S-1, développé dans les années 1960, était utilisé par la NASA pour les communications terrestres avec les missions Apollo. Il offrait une puissance stable de 1 kW en BLU (SSB), démontrant la fiabilité des amplis à lampes dans les applications critiques.
2. Principe de Fonctionnement des Amplificateurs à Lampes
Un amplificateur à lampes utilise des tubes électroniques (triodes, tétrodes, pentodes) pour amplifier un signal RF.
Son fonctionnement repose sur :
1. Un circuit d’entrée qui applique le signal RF faible aux grilles de la lampe.
2. Une amplification par effet d’électrons où le courant d’anode modulé par la grille génère un signal amplifié.
3. Un circuit de sortie (adaptation d’impédance et filtrage) qui extrait la puissance RF et l’envoie vers l’antenne.
Le principal intérêt de ces amplificateurs réside dans :
Leur capacité à délivrer une puissance stable sur de longues périodes.
Une meilleure tolérance aux ROS élevés par rapport aux transistors.
Leur linéarité en SSB, réduisant la distorsion du signal.
Cependant, leur rendement est relativement faible (20-60 %), nécessitant une dissipation thermique importante et un refroidissement efficace.
3. Types de Lampes Utilisées et Performances

Les lampes varient selon la puissance et la bande de fréquences visées :
Certaines lampes célèbres, comme la 3-500Z, sont encore utilisées aujourd’hui pour leur robustesse et leur qualité de modulation.

4. Fabricants et Modèles d’Amplificateurs à Lampes
Plusieurs fabricants ont marqué l’histoire des amplis à lampes :
Heathkit SB-220 : Un classique chez les radioamateurs, offrant 1 kW en sortie sur 80-10 mètres.
Collins 30L-1 : Réputé pour sa stabilité et utilisé dans les stations professionnelles.
Ameritron AL-811 : Un modèle encore produit, abordable et efficace pour le 27 MHz.
Yaesu FL-2100 : Utilisé en HF, apprécié pour sa fiabilité.
Bien que de plus en plus rares, ces amplificateurs restent recherchés sur le marché de l’occasion.
5. Plages de Fréquences et Modes de Transmission
Les amplificateurs à lampes sont principalement utilisés en HF (1,8 – 30 MHz), mais certains modèles peuvent couvrir la VHF/UHF avec des tubes spécifiques.
Compatibilité des amplis à lampes selon les fréquences :
HF (1,8 – 30 MHz) : Large choix d’amplis disponibles, souvent avec des lampes triodes/tétrodes.
VHF (50 – 144 MHz) : Rares, nécessitent des tubes spéciaux (ex. 4CX250B).
UHF (430 MHz et +) : Très peu d’amplificateurs à lampes, car les transistors sont plus adaptés.
Concernant les modes de transmission, ces amplis sont optimisés pour la BLU (SSB) et l’AM, où leur linéarité est cruciale. En CW (télégraphie), la commutation rapide est parfois un défi.

6. Qualité du Signal et Risques d’Interférences
– Avantages en qualité de signal
– Bonne linéarité : réduction des distorsions en SSB.
– Moins de splatter (écrêtage harmonique) qu’un transistor mal polarisé.
– Problèmes potentiels et solutions
– Génération d’harmoniques → Nécessite des filtres passe-bas.
– Retour HF (RF feedback) → Mise à la masse rigoureuse et bon découplage.
– Interférences sur le voisinage → Vérification du spectre et respect des niveaux de pureté spectrale.
7. Évolution et Perspectives
Bien que remplacés dans de nombreuses applications par les amplis à transistors, les amplificateurs à lampes restent populaires pour leur robustesse et leur qualité de modulation. Aujourd’hui, certains modèles hybrides combinent tubes et transistors pour optimiser le rendement et la linéarité.
Tendance actuelle : certains radioamateurs reconstruisent d’anciens amplis militaires à lampes pour les adapter aux bandes amateur, notamment en 160 et 80 mètres.

Conclusion Générale sur les Amplificateurs à Lampes et à Transistors
Les amplificateurs, qu’ils soient à lampes ou à transistors, jouent un rôle clé en radiocommunication, chacun avec ses avantages et ses limites.
Les amplis à lampes se distinguent par leur robustesse, leur linéarité en modulation BLU et leur tolérance aux ROS élevés. Ils offrent une excellente qualité de signal mais nécessitent une alimentation conséquente, un refroidissement efficace et un entretien régulier. De plus, leur rendement énergétique est relativement faible, et ils demandent une conception rigoureuse pour éviter les interférences et la génération d’harmoniques.
Les amplis à transistors, en revanche, sont plus compacts, plus efficaces en consommation énergétique et mieux adaptés aux hautes fréquences (VHF/UHF). Leur principal inconvénient réside dans leur sensibilité aux ROS et aux surtensions, pouvant entraîner des pannes irréversibles en cas de mauvaise adaptation.
Le choix entre ces deux technologies dépend des besoins spécifiques de l’opérateur : puissance et qualité de modulation pour les lampes, compacité et efficacité énergétique pour les transistors. Dans tous les cas, l’antenne doit être parfaitement adaptée à la puissance et à la fréquence d’utilisation pour éviter les pertes et les dommages aux équipements.
Compilé et argumenté par F4JRR Opérateur Fernand.
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Rédacteur: Jean Pierre NEURDIN – FORSF™ – Image mise en avant: Création FORSF®


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