Par F4JRR Opérateur Fernand.
Introduction
La Slow Scan Television (SSTV) est un mode de transmission analogique permettant l’envoi d’images fixes via des liaisons radio. Elle exploite une bande passante équivalente à celle de la voix, ce qui la rend compatible avec des équipements radio conventionnels. Contrairement à la télévision classique (ATV), la SSTV n’est pas un mode vidéo en temps réel mais un système de transmission lente d’images ligne par ligne. Elle est principalement utilisée par les radioamateurs et dans certaines applications scientifiques et spatiales.

Historique et évolution de la SSTV
Origine et inventeur
La SSTV a été développée dans les années 1950 par Copthorne Macdonald, un radioamateur américain (indicatif VE1BAM). Son objectif était de créer un mode de transmission d’images efficace en utilisant les bandes radioamateurs. Initialement, la SSTV fonctionnait en noir et blanc avec une définition très limitée.
Dès les années 1960, la NASA a expérimenté cette technologie pour la transmission d’images depuis l’espace, notamment lors des missions Apollo. L’image emblématique du premier pas sur la Lune en 1969 a été transmise via un système dérivé de la SSTV avant d’être convertie pour diffusion télévisée.
Évolution des standards et protocoles
Avec l’amélioration des technologies numériques et l’augmentation de la puissance de calcul des ordinateurs, de nouveaux protocoles ont vu le jour :
– Modes historiques : Robot 36, Robot 72 (standards initiaux en noir et blanc puis en couleur).
– Modes intermédiaires : Martin 1, Martin 2, Scottie 1, Scottie 2, Scottie DX (développés pour améliorer la compatibilité et la qualité des images en HF).
– Modes récents : PD50, PD120, PD180 (optimisés pour une meilleure résolution et une transmission plus robuste en conditions difficiles).

Principe de fonctionnement
Encodage et transmission du signal
La SSTV convertit une image en une suite de fréquences audio, chaque fréquence correspondant à une nuance de couleur ou une intensité de luminosité. L’image est transmise ligne par ligne sous forme de tonalités audio comprises entre 1500 et 2300 Hz.
Chaque ligne est envoyée séquentiellement, et un cycle de synchronisation est ajouté pour aligner correctement les images à la réception. La durée de transmission d’une image dépend du mode utilisé
– Modes rapides : 8 à 15 secondes (ex. PD50).
– Modes standards : 30 à 60 secondes (ex. Scottie 1, Martin 1).
– Modes haute définition : Jusqu’à 3 minutes (ex. PD180).
Bande passante et compatibilité avec les émetteurs-récepteurs
La SSTV utilise une modulation de fréquence (FM) en VHF/UHF et une modulation d’amplitude (AM) ou de bande latérale unique (BLU) en HF. La transmission audio est directement injectée via l’entrée micro d’un émetteur, ce qui la rend compatible avec la plupart des transceivers radioamateurs sans modification matérielle.
Plages de fréquences et modes d’utilisation
La SSTV est principalement utilisée sur les bandes radioamateurs. Les fréquences les plus courantes sont :
HF (High Frequency, 3 à 30 MHz)
14.230 MHz (USB) : Fréquence mondiale de référence pour la SSTV en 20 mètres.
7.173 MHz (LSB) : Utilisation en 40 mètres selon les régions.
3.730 MHz (LSB) : Bande des 80 mètres.
VHF/UHF (au-delà de 30 MHz)145.500 MHz (FM) : Utilisation occasionnelle en SSTV en 2 mètres.
433.500 MHz (FM) : SSTV en 70 cm.
437.800 MHz : SSTV transmise depuis la Station Spatiale Internationale (ISS).
En HF, la SSTV est transmise en Bande Latérale Unique (BLU, généralement USB), tandis qu’en VHF/UHF, elle utilise souvent la FM pour une meilleure qualité sonore et une plus grande robustesse aux interférences.

Qualité et performance des transmissions SSTV
Facteurs influençant la qualité du signal
1. Propagation ionosphérique (en HF) : Sensible aux conditions solaires, QRM, QSB.
2. Interférences radioélectriques : Impact significatif en zones urbaines.
3. Bruit de transmission et filtrage : Un mauvais réglage du gain micro ou du filtrage audio peut altérer l’image.
4. Mode de transmission choisi : Plus la durée est courte, plus la résolution est limitée.
Comparaison avec d’autres modes de transmission d’images

La SSTV est donc un bon compromis entre qualité et compatibilité radio, notamment en conditions de propagation difficile.

Applications de la SSTV
Radioamateurisme
Expérimentation et tests en HF.
Contacts internationaux (QSO) avec échange d’images.
Transmission d’informations visuelles lors d’événements spécifiques.
Domaine spatial
Transmission d’images depuis la Station Spatiale Internationale (ISS) via le projet ARISS.
Envoi d’images météorologiques et d’observation terrestre par satellites amateurs.
Expérimentation scientifique et transmissions en milieux isolés.

Conclusion
La SSTV reste un mode de transmission performant dans le domaine des radiocommunications, malgré l’émergence des transmissions numériques. Sa compatibilité avec des équipements standards, sa bande passante réduite et sa capacité à transmettre des images même dans des conditions de propagation difficiles en font un outil apprécié des radioamateurs.
Grâce aux développements technologiques et aux nouveaux modes de transmission (ex. PD120), la SSTV continue d’évoluer, notamment avec l’implication des missions spatiales comme celles de l’ISS. Bien que plus lente et moins performante que les systèmes numériques modernes, elle demeure une technique précieuse dans l’univers du radioamateurisme et des communications expérimentales.
Compilé et argumenté par F4JRR Opérateur Fernand
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Rédacteur: Jean Pierre NEURDIN – FORSF™ – Image mise en avant: Création FORSF®


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