à bord d’un véhicule en mouvement
Par F4JRR Opérateur Fernand.
L’usage d’un équipement radio en situation de mobilité est une pratique courante parmi les radioamateurs et les cibistes. Que ce soit pour les communications en convoi, l’assistance radio ou simplement le trafic mobile, la question de la légalité et des bonnes pratiques se pose.
Cet article fait le point sur la réglementation, les aspects techniques et les considérations pratiques d’une installation radio embarquée, tout en gardant à l’esprit la notion de sécurité au volant.

1. Réglementation et cadre légal
1.1 Ce que dit la loi : Code de la route et législation des communications
En France, le Code de la route (article R412-6-1) interdit l’usage d’un téléphone tenu en main par le conducteur. Toutefois, le texte ne mentionne pas explicitement les équipements radio. Cela a conduit à une certaine zone grise où les forces de l’ordre ont parfois assimilé le fait de tenir un micro de station CB ou radioamateur à l’usage d’un téléphone, bien que ce ne soit pas strictement la même chose.
Concernant l’exploitation des fréquences, les stations CB sont régies par l’arrêté du 18 avril 2012, qui autorise leur utilisation sans licence mais impose un respect des équipements homologués. Pour les radioamateurs, l’exploitation mobile des fréquences allouées est permise, sous réserve de respecter la licence individuelle délivrée par l’ANFR (Agence Nationale des Fréquences). Contrairement aux cibistes, les radioamateurs ne sont pas limités à des équipements pré-homologués mais doivent respecter les spécifications techniques imposées par leur licence.
1.2 Différence entre tolérance et légalité
L’usage d’un équipement radio en roulant est généralement toléré, tant qu’il ne compromet pas la sécurité du conducteur et des autres usagers de la route. Cependant, il arrive que des verbalisations aient lieu, notamment si l’agent considère que l’utilisation d’un micro nuit à la concentration du conducteur. Certains opérateurs ont rapporté des cas où des forces de l’ordre ont demandé à ce que l’équipement soit utilisé uniquement à l’arrêt.
Dans les années 1980, avec l’essor de la Citizen Band en France, plusieurs conducteurs avaient été verbalisés sous prétexte qu’ils manipulaient un micro, à une époque où les kits mains-libres n’existaient pas encore.
2. Considérations techniques et bonnes pratique
2.1 Installation d’un équipement radio en véhicule
L’installation d’une station radio mobile doit répondre à plusieurs critères techniques :
Alimentation : Une connexion directe à la batterie avec fusible est recommandée pour éviter les perturbations et garantir une alimentation stable.
Fixation du poste : Doit être sécurisée pour éviter toute projection en cas de freinage brusque.
Antenne : Une antenne mal installée peut générer des perturbations électromagnétiques et réduire l’efficacité de l’émission. Son emplacement est crucial pour un bon plan de masse.
Microphone : L’idéal est d’utiliser un micro avec PTT déporté ou un kit mains libres pour limiter les distractions au volant. Des anciens modèles de CB était conçus avec toutes les fonctions du TX au micro, quelques marques propose la montée et descente des canaux au micro, d’autres proposent un micro sans fil bluetooth.

2.2 Sécurité et compatibilité électromagnétique (CEM)
L’ajout d’un émetteur radio dans un véhicule peut induire des interférences avec l’électronique embarquée, notamment :
– Les systèmes ABS et ESP sur certaines voitures sensibles aux émissions HF.
– Les systèmes multimédias et GPS, en particulier sur des véhicules récents.
– Les sondes de pression des pneus et autres capteurs numériques.
Des tests en statique doivent être réalisés avant de prendre la route avec l’équipement actif. Il est également recommandé d’utiliser des ferrites et une bonne mise à la masse pour réduire les perturbations.
2.3 Micro tenu en main vs. PTT déporté
Si le Code de la route ne mentionne pas explicitement les équipements radio, l’usage d’un micro tenu en main peut être assimilé à une distraction. Plusieurs solutions existent pour contourner cette problématique :
Microphone déporté sur le volant ou proche du levier de vitesse (exemple : micro main avec fixation magnétique ou micro bluetooth).
Utilisation d’un kit PTT au pied ou sur le levier de vitesse, libérant ainsi totalement les mains.
Systèmes VOX (activation à la voix), bien que peu utilisés en mobile en raison des bruits ambiants.

3. Utilisation en conditions mobiles
3.1 Avantages et inconvénients du trafic en mouvement
Le trafic radio en véhicule roulant présente des avantages comme une meilleure couverture du signal en terrain découvert (effet d’altitude variable en mouvement), mais aussi des contraintes :
Les déplacements rapides peuvent causer des variations de signal brutales dues aux effets Doppler et aux obstacles rencontrés.
Le trafic DX est plus compliqué, car une variation rapide de l’angle de rayonnement de l’antenne peut altérer la réception.
En ville, les interférences électromagnétiques sont plus fortes, ce qui peut nécessiter un bon filtrage du poste.
3.2 Conseils pour le trafic en convoi et en assistance radio
En convoi, privilégier les fréquences libres pour éviter de perturber et d’être perturbé (Evitez les canaux 19 et 27 qui sont souvent utilisés par les routiers).
Pour les événements ou assistances radio, préparer à l’avance les fréquences et le plan de communication pour éviter toute confusion.
Toujours avoir un plan de secours en cas de problème technique, surtout si la radio est utilisée pour la sécurité d’un événement.
4. Conclusion et recommandations finales
L’utilisation d’un équipement radio en véhicule roulant est autorisée mais encadrée. En l’absence d’une interdiction formelle, la clé réside dans l’usage raisonné et sécurisé de l’équipement. Il est conseillé de privilégier les systèmes mains libres ou déportés pour éviter toute verbalisation et limiter les distractions.
Pour les opérateurs souhaitant maximiser leur efficacité en mobile, une installation soignée et un bon respect des règles de sécurité routière garantiront un trafic sans encombre.
En définitive, si l’usage en roulant est techniquement possible et souvent toléré, il est toujours préférable de s’arrêter pour les communications longues ou complexes, tant pour la sécurité que pour la qualité du trafic.
Compilé et argumenté par F4JRR Opérateur Fernand.
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Rédacteur: Jean Pierre NEURDIN – FORSF™ – Image mise en avant: Création FORSF®


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